Les Activités Physiques de Pleine Nature (APPN), support privilégié de découverte de l’environnement

Le temps d’une journée de formation, un groupe de stagiaires en BPJEPS APT (Activités Physiques pour Tous) a croisé un groupe de stagiaires en BPJEPS EEDD (Education à l’Environnement vers un Développement Durable). Retours sur une rencontre riche d’échanges de pratique.

Mercredi 29 septembre, le groupe de BPJEPS EEDD arrive sur une des bases de loisirs des Ceméa, la troisième découverte par le groupe durant sa formation, démarrée il y a maintenant 11 mois.
Il y retrouve le groupe de BPJEPS APT, 20 stagiaires arrivés lundi matin pour passer la semaine à Plein Bois. Camper en pleine nature, c’est tout de suite « ambiance aventure » pour ce groupe qui a démarré sa formation au début du mois.

En tant que formateurs et formatrices sur ces deux BPJEPS, nous désirons créer de la rencontre entre éducateurs sportifs et animateur.rices environnement en partant des constats suivants :

  • les APPN sont un support privilégié de découverte de l’environnement et ont un impact sur le milieu naturel, souvent méconnu
  • les stagiaires EEDD n’ont pas les prérogatives pour encadrer ces activités, et souvent une méconnaissance de ces activités
  • les stagiaires APT ont rarement la maîtrise des enjeux environnementaux, ni la connaissance du milieu
  • les publics de ces deux formations sont très différents, avec des attentes et besoins distincts, des capacités, appétences et caractéristiques dissemblables également

L’enjeu de la journée est que deux petits groupes, composés de 4 stagiaires, conçoivent chacun une séance d’éducation relative à l’environnement à destination d’un groupe de 15 personnes environ. Une séance aura pour support d’APPN le VTT, l’autre le kayak.

Les 4 co-meneur.euses doivent se répartir la menée de la séance. Les objectifs pédagogiques sur l’aspect activités physiques sont imposés :

  • encadrer une APPN en toute sécurité
  • faire découvrir les techniques de base de la pratique d’une APPN
    Les objectifs pédagogiques de l’Education relative à l’environnement sont à définir par les stagiaires.

Début d’après-midi, VTT ou kayak ? C’est par le support que s’opèrent les choix d’activités.

Un groupe de 12 choisit le VTT pour partir à la découverte des marais. Le choix de chemins faciles d’accès a été fait pour permettre une découverte de la pratique, nécessitant peu de conditions physiques. Deux ateliers de découverte de la nature ont lieu : l’un de vannerie sauvage où il est possible de créer un jeu d’adresse à partir de végétaux. Le groupe a l’occasion de jouer et de s’exercer à viser précisément. Un autre atelier de land art flottant, à partir d’éléments trouvés dans les environs très proches, à déposer dans la rivière. Le groupe passe à côté de nombreux nids de cigognes, mais celles-ci viennent de partir pour d’autres horizons hivernaux…

Un groupe de 18 pratique le kayak en eaux calmes. Le choix d’une petite distance à parcourir a été fait pour les mêmes raisons. Les encadrants d’APPN ont fait le choix de privilégier la sécurité des participants, au profit de la découverte de la rivière et des marais. Le groupe part face au vent, qui s’est bien levé en cours de journée, afin de garantir un retour vent dans le dos.
Les meneuses ont en tête deux objectifs qui sont d’ être à l’affût afin d’observer la faune sauvage et de déterminer la flore des berges de la rivière. Pour ce faire, le groupe est divisé en deux.
Un des groupes part en affût dans une douve annexe à la rivière, en silence, avec le moins de bruit de pagaie possible. Ce moment est l’occasion d’observer une faune diversifiée. Le groupe échange également sur l’existence d’une frayère à brochet et sur la gestion des niveaux d’eau dans les marais.
L’autre groupe se voit proposer une lecture de paysage et un moment d’observation de la nature.

Si certain.es BP EEDD ont ressenti des difficultés physiques dans la pratique d’activités, les APPN ont été vues comme un moyen pertinent de découverte et de compréhension de son environnement.
Le kayak a permis d’aller dans des endroits inaccessibles, et ainsi d’avoir accès à des coins de nature particulièrement riches. Les consignes données d’être à l’affût et ainsi de ne pas faire de bruit afin d’observer ont d’abord été interrogées, puis validées après essai par les BP APT, qui n’avaient jamais imaginé vivre ce genre d’expériences.
Après avoir observé un ragondin immobile durant plusieurs minutes, après avoir suivi un martin-pêcheur de branches en branches le regardant sous toutes ces coutures colorées, et après avoir pris en flag le décollage d’un héron cendré, « qu’on savait même pas qu’il existait », les BP APT sont ravis d’avoir eu l’occasion de vivre cette expérience.
Les BP EEDD quant à eux, sont très contents de pouvoir réfléchir à l’encadrement d’activités EEDD sur un support qu’ils ne peuvent pas eux-mêmes encadrer, car ils n’en ont pas les prérogatives. Désormais l’envie de co-construire des séances avec des éducateur.rices sportif.ves dans leurs structures peut faire sens.

La répartition des temps de co-menée n’a pas toujours été simple : entre ce qu’on prévoit et ce qu’il faut réadapter, ce n’est pas toujours facile de prendre la main ou la laisser, de ne pas se laisser submerger par ses émotions et de parvenir à s’organiser avec ses collègues dans la précipitation.

Dans l’ensemble une envie de continuer à se former à co-animer se fait entendre.
La question de la confiance a eu une part centrale dans le bilan de séance. Le groupe des meneur.euses de la séance de VTT nomment la confiance comme moteur de leur co-menée, comme levier de leur réussite. Se sentant autonome dans leur partie de la séance, pouvant compter sur les autres, le déroulement s’est fait sans embûches. Et avec un réel plaisir.
Rendre accessibles quelques connaissances naturalistes à travers un jeu d’adresse pour un public de sportifs à été très apprécié, et plutôt bien vu.
La pratique d’APPN comme un moyen de déplacement et non pas comme un vecteur de performance physique a également été un point fort dans l’adaptation au public.

Deux mois plus tard, en bilan de fin de formation du BPJEPS EEDD, cette journée sera nommée comme le temps fort d’une des stagiaires, comme une journée où elle s’est sentie être animatrice EEDD et une de celle où elle a eu le plus fort sentiment d’apprentissage.