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Une nouvelle année 2017

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Carte de voeux Ceméa 2017

Une année 2016 lourde. Lourde liée à l’actualité politique et sociale. Des inquiétudes qui persistent sur 2017…

C’est donc dans ce contexte que la carte de vœux de notre association régionale reprend une citation de Paolo Freire : « Personne n’éduque personne., personne ne s’éduque seul-e, les êtres humains s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde. » Au regard de l’actualité cette citation prend tout son sens !

Elle place l’éducation comme un enjeu central de notre société. La réponse aux attentats est souvent centrée sur une réponse régalienne (sécurité, police, armée). Dès décembre 2015 nous mettions en garde contre ce risque dans un communiqué : « Globalement la réponse sécuritaire pourrait prédominer car elle a entre autres le mérite de rassurer. Dans la réponse à donner aux événements il y a un réel débat sur les priorités à donner avec d’un côté le tout sécuritaire, la répression et de l’autre l’éducation et le social... »

Or, dans une période tourmentée comme nous vivons, nous avons d’autant plus besoin d’éducation pour comprendre et appréhender la complexité du monde qui nous entoure et ne pas sombrer dans les différentes formes de simplisme. Nous avons besoin d’une éducation critique, d’une éducation qui produit du sens, de la connaissance, des capacités d’analyse critique. Et pour y arriver nous avons besoin de tous et toutes : la famille, l’école, les associations agissant sur le temps libre… Nous avons donc besoin de la reconnaissance de tous ces acteurs et que cette reconnaissance se traduise dans les politiques publiques nationales, régionales et locales.

Au regard du contexte national, nous devons analyser les raisons des échecs de notre système éducatif. Nous avons besoin de les évaluer à leur juste réalité. Il est inutile de caricaturer l’échec à la Zemmour… Mais il convient malgré tout de l’identifier :

  • Oui notre système éducatif a plus produit une massification qu’une démocratisation de l’éducation (l’inégalité sociale existe toujours, mais au lieu d’exister de manière importante au Bac elle existe au Bac + 3 et +5.)
  • Oui notre système éducatif connaît des échecs et en particulier au niveau des classes les plus populaires : sortie du système scolaire sans diplôme, savoirs fondamentaux (lire, écrire…) non acquis
  • Oui notre système éducatif ne permet pas assez d’apprendre le vivre ensemble, d’expérimenter la démocratie….

Le système éducatif globalement (et pas seulement l’école) est à questionner. Questionner ne veut pas dire que l’on doit aller vers une éducation encore plus traditionnelle. Nous pouvons parfois entendre que les raisons de ces échecs « sont liés aux pédagogies progressistes, qui auraient placé l’enfant au centre, l’enfant roi...  »

D’une part il convient de se porter en faux vis à vis de ces caricatures. L’éducation nouvelle n’a jamais défendu l’enfant roi et d’ailleurs aucun roi qui que ce soit. L’éducation nouvelle a toujours reconnu l’existence et le besoin d’une relation dissymétrique : toute relation éducative est dissymétrique et pas seulement par rapport à son statut mais aussi de part ses connaissances et son expérience. Par contre l’éducation nouvelle se fixe comme objectif de réduire au maximum cette dissymétrie et de s’en donner les moyens. Et, de fait, la dissymétrie n’est pas la même à 4 et 14 ans…

Non seulement il est nécessaire de se mettre en porte à faut vis à vis de ces propos, mais il est certainement nécessaire de rappeler que l’Éducation Nouvelle n’a jamais dirigé l’Éducation Nationale, le péri et para scolaire. Non seulement nous n’avons pas à assumer les maux que l’on nomme aujourd’hui mais nous devons certainement aller plus loin et ne pas manquer d’ambition car nous savons où se situe la solution.

Nous devons certainement ne pas manquer d’ambitions, revendiquer l’Éducation Nouvelle et aller plus loin. Mais nous sommes aussi dans un contexte sociétal où il est nécessaire de défendre certains acquis et nous mettre parfois dans des positions défensives. Nous sommes amenés parfois même à défendre un système scolaire, dont nous connaissons les limites. Mais nous savons aussi que les propositions ultra -libérales et traditionnelles ne peuvent que renforcer les maux que nous dénonçons.

L’année 2017, et plus globalement les années à venir, vont être difficiles. Difficile et certainement non sans solidarité, avec un mode d’organisation à inventer. Nos structures associatives vont certainement devoir produire de l’intelligence collective pour réfléchir à nos stratégies, à nos modèles d’organisation (économiques, sociaux et institutionnels).

Alors bonne année 2017…. !?

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