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Une intervention soutenue autour des métiers, de l’emploi et de la formation sur le champ de l’animation

L’animation a été souvent méprisée. Elle l’est encore parfois. On assimile parfois l’animateur à l’amateur avec son lot de charge péjorative. Pour le CRAJEP, exercer les métiers de l’animation relève pourtant du champ de l’éducation populaire et répond ainsi de réelles exigences de qualité qui se caractérise à travers différents objectifs :

  • Participer à la transformation des personnes et des organisations
  • Favoriser le lien social sur les territoires
  • Agir pour l’autonomie des personnes et des groupes
  • Favoriser l’agir collectif, la vie associative
  • Favoriser les pratiques culturelles et interculturelles...

L’animation connaît une situation singulière et spécifique au regard des métiers du social et de l’éducation :

1 Une profession peu ou pas assez diplômée

  • Il n’existe pas d’obligation conventionnelle de certifications. Effectivement les principales conventions collectives du champ de l’animation de mentionnent pas d’obligation de formation qualifiante professionnelle. Il en est de même avec la fonction publique territoriale où une majorité d’animateurs vont relever de la catégorie C, grade accessible sans obligation de certification professionnelle.
  • Les ACM (accueil collectif de mineurs) mobilisent beaucoup de professionnels de l’animation et de ce fait influencent le secteur. Or leur réglementation impose pour l’encadrement de ces accueils le BAFA (un brevet de l’animation volontaire) Ainsi les professionnels peuvent exercer professionnellement avec ce brevet d’engagement volontaire.
    Une étude du CAFEMAS* de 2012 démontrait ainsi que 88 % des professionnels ont commencé à exercer leur métier sans diplôme professionnel avec un accès à la formation professionnelle assez lent (en moyenne 5 ans sur le secteur associatif contre 7 ans pour la fonction publique territoriale)

2 Une réalité et des champs d’intervention très divers

Les métiers de l’animation relève de plusieurs champs d’intervention et on pourrait quasiment dire de plusieurs métiers :

  • L’animation socio-éducative
    Elle se caractérise par des pratiques collectives contribuant à l’éducation et à la socialisation dans le champ de l’éducation non formelle (l’éducation formelle étant celle de l’école, de la formation professionnelle et de l’université) Relève de ce champ les ACM (centre de loisirs, centre de vacances, accueil périscolaire, actions autour de l’accompagnement à la scolarité...) qui correspondent aussi un mode de garde et représente un espace éducatif évident.
  • L’animation culturelle
    Elle se caractérise par les interventions spécifiques sur le champs des pratiques culturelles (artistiques, scientifiques et techniques, environnement...) avec plusieurs modes d’interventions : pratiques éducatives et enseignements, pratiques amatrices, médiation, accompagnement culturel...
  • L’animation sociale
    Elle se caractérise par une pratique de l’animation dans certains milieux du social et du soin et sur des territoires dans une action sociale et socioculturelle. Dans ce dernier champ, l’animateur intervient sur un territoire (au sein d’un centre social, d’une maison de quartier, d’une MJC...) pour favoriser le lien social, le développement local, l’action collective en lien avec les habitants...
  • L’animation au développement local
    L’animateur (qu’il soit associatif mais souvent de la fonction territoriale publique) se doit d’accompagner des politiques éducatives territoriales (dans le cadre des PEL, PEDT...) C’est dans les années 2000 que l’on va créer une nouvelle famille de métiers au niveau de la fonction territoriale publique : « éducation-animation » avec plusieurs métiers qui vont se construire autour de la mise en œuvre et la conception de projet éducatif local, le pilotage et la mise en œuvre de projets enfance, jeunesse...

Une diversité de champ d’intervention auquel se rajoute une diversité de responsabilités et donc de statuts : entre les animateurs de niveau 5 au niveau 2 ou 1. On a l’animateur qui est dans l’effectuation de tâche (de niveau 5) ; un animateur de niveau 4 (le cœur du métier) qui est sur du face à face important avec la conduite de projet d’animation, un animateur de niveau 3 qui va être sur des actions de coordination avec plus de responsabilité et d’autonomie et un niveau d’intervention d’une certaine complexité, un animateur de niveau 2 qui va être dans la conduite stratégique d’une organisation...

Cette diversité rend parfois complexe une lecture et compréhension de l’extérieure. Cela explique certainement en partie les difficultés de certains prescripteurs à expliquer, orienter les personnes. Cela explique malheureusement certaines difficultés actuelles de certains employeurs dans leurs recrutements.

3 Une réalité régionale et territoriale spécifique
On peut repérer plusieurs spécificités régionales :

  • Il y a une spécificité au niveau des employeurs avec certes, quelques structures qui se municipalisent) mais avec aussi un nombre d’employeurs associatifs (dont certains importants)
  • Il y a des spécificités au niveau de la formation avec par exemple le niveau 5 (l n’y a plus de BAPAAT habilité dans la région Pays de la Loire depuis quelques années, avec par contre la présence de pré-qualification dans tous les départements avec une logique recherchée de permettre un passage sur le niveau 4 à court ou moyen terme.
  • Il y a une formation conséquente de niveau 4 (près d’une vingtaine de formations tous les ans depuis plusieurs années) avec un niveau d’employabilité important et supérieur à la moyenne des formations dans les autres métiers. Cette réalité amène d’ailleurs plusieurs questions auxquelles il conviendrait de trouver des réponses : le niveau de la formation en nombre compense t-elle seulement le faible niveau de qualification à l’entrée dans le métier ou répond t-elle aussi à une mobilité des professionnels (au sein de la diversité du champ de l’animation ou vers d’autres métiers du social) ? Cette question vient à poser celle des parcours professionnels (reste t-on par exemple animateur de ACM sur l’ensemble d’un parcours professionnels pendant 30/40 ans ?)

Nous pourrions citer d’autres exemples qui montrent qu’il y a une spécificité régionale ainsi qu’une réalité régionale.

Pour ces différentes raisons le CRAJEP Pays de la Loire a lancé depuis quelques années une action concertée autour de ce sujet : rencontres avec l’ensemble des acteurs des différentes branches, avec la DRJSCS, l’État ; organisation de l’AGORAJEP en Novembre dernier sur les métiers de l’animation, la réalité de ces métiers et l’impact des différentes réformes actuelles sur ces métiers (emplois d’avenirs, réformes des rythmes scolaires...)

C’est donc pour ces différentes raisons que le CRAJEP agit (avec les branches, la Région, la DRJSCS) pour permettre un réel travail d’observation régional (en nous appuyant sur les travaux nationaux) afin de pouvoir aller vers une convention d’objectifs autour des métiers, de l’emploi et de la formation dans le champs de l’animation et du sport.

Le CRAJEP met d’ailleurs en lien plusieurs dizaines d’études à l’échelle nationale et régionale pour aller plus loin sur ces questions :
Espace ressource "Formation et métiers de l’animation"

Régis Balry
Président du CRAJEP Pays de la Loire

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