Soutenir et renforcer les métiers de l’animation : il y a urgence

La grève nationale entamées par les animateurs et animatrices territoriales vient rappeler combien ces métiers font partie des professions oubliées et négligées. « Des emplois de troisième ligne, aux horaires hachés et aux salaires précaires », indiquent les organisateurs de cette action.

Les Ceméa ne peuvent que s’inscrire dans un soutien fort à ce mouvement qui rappelle avec force combien ces personnels qui agissent au quotidien dans l’accompagnement éducatif restent mal considérés et trop souvent méprisés. Ces derniers mois, de nombreuses structures de l’économie sociale et solidaire ont relayé des difficultés importantes de recrutement engendrant des complications significatives pour le fonctionnement de leurs équipements.

Les raisons qui conduisent à ce deuxième mouvement de grève en deux mois sont connues de longues dates. Les problématiques de rémunérations très faibles dans le cadre d’horaires journaliers hachés pour les personnels du périscolaire ou encore le manque de considération de la valeur éducative de leur action quotidienne sont largement évoqués.

Les assises de l’animation convoquées par Madame Sarah EL HAÏRY, secrétaire d’état chargée de la Jeunesse et de l’engagement pourraient être un premier signe de la prise en compte des problématiques de ces métiers. Dans ses premières déclarations, la secrétaire d’état annonce une aide au BAFA. C’est une bonne nouvelle pour la branche de l’animation volontaire et pour soutenir l’engagement des jeunes adultes auprès des enfants et adolescents sur leur temps de vacances mais cela fait une fois de plus confusion entre des diplômes de l’animation volontaire permettant d’encadrer de manière ponctuelle des séjours et le besoin d’une véritable professionnalisation des personnels d’accueils périscolaires tout au long de l’année pour les activités « dans et autour » de l’école.

Aussi ces assises réunies à la hâte pour tenter de palier une situation intenable dans les territoires devront veiller à ne pas décevoir les personnels qui ont fait de l’animation leur métier. Ils et elles doivent aujourd’hui pouvoir bénéficier d’une véritable formation professionnelle et pouvoir prétendre à une rémunération à la hauteur des services éducatifs conduits chaque jour pour les enfants et les familles. C’est un véritable plan d’ensemble qui est nécessaire pour permettre aux collectivités et aux organisateurs des accueils de pouvoir sortir ces métiers de la précarité.

Les Ceméa interviendront dans leurs champs de compétences pour soutenir, renforcer et rappeler sans cesse l’importance de l’ensemble des temps éducatifs pour les enfants et les jeunes et seront force de proposition dans le cadre de cette consultation.

A côté de l’engagement volontaire sur l’encadrement des séjours de vacances et des centres de loisirs, il s’agit de permettre la construction d’une véritable identité professionnelle des métiers de l’animation. Cela rend nécessaire une formation initiale et continue de qualité ainsi que l’accès à des conditions de travail et de rémunérations permettant une vie décente à chacun et chacune.

Paris, le 16 décembre 2021.