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Récit-documentaire sonore sur la classe ouvrière : Ouvrier, Ouvre-la ! par Cécile Delhommeau et Anthony Pouliquen

le 30 avril à partir de 19h au 102 rue Saint-Jacques à Nantes

« Ce spectacle part d’une envie : en savoir plus sur l’usine Kuhlmann de Paimboeuf, entreprise de produits chimiques qui a rayonné dans le Pays de Retz entre 1920 et les années 80. « Entreprise miracle » nous ont dit certains ! « La poule aux œufs d’or ! ». Pourtant, pendant ces décennies, des ouvriers dénoncent les conditions de travail et s’organisent. Des luttes sociales se multiplient. Pour mieux connaître ces luttes, nous avons rencontré des anciens ouvriers, leurs femmes et leurs enfants. Ils et elles nous ont fait partager les histoires qui se transmettent de générations en générations, ou qui ne se disent pas. A partir de témoignages audio et de recherches historiques, nous avons alors mis en lien différents événements, entre passé et présent. Nous nous sommes amusé à inventer des personnages qui auraient pu exister en mélangeant réalité et fiction... parce que nos vies sont aussi faîtes de rêves ».

« Ouvrier, ouvre-la » est un rendez-vous à mi chemin entre le documentaire radiophonique et les arts de la parole. Ouvrez vos oreilles : Paimboeuf se raconte ici et maintenant. Nous avons rencontré Cecile et Anthony avant leur venue au 102 et en avons profité pour leur poser quelques questions :

Qui êtes vous Cécile et Anthony ?

Nous nous pensons comme des êtres multiples, mais il ne s’agit pas de botter en touche… Nous sommes une femme et un homme, issu-es du spectacle vivant et de l’éducation populaire.

En réalité, nous sommes tous les deux passés par un IUT Carrières Sociales. Pour Anthony, cela a déterminé un engagement politique dans son travail d’animateur, directeur de centre social, formateur, et maintenant acteur investi dans le mouvement des conférences gesticulées, et pour Cécile cela a provoqué un grand saut dans l’artistique en tant qu’autrice, conteuse, comédienne.

Notre rencontre fait des étincelles dans le champ de la culture ;-)

Quand et comment est née l’histoire de ce spectacle ? D’ailleurs est-ce vraiment un spectacle ?

« Ouvrier ouvre-la » est un récit documentaire qu’on peut qualifier de spectacle vivant. L’histoire au cœur de ce documentaire-fiction est venue jusqu’à nous alors que nous animions ensemble une bibliothèque humaine à Paimboeuf.

La bibliothèque humaine permet à des personnes devenues alors « livres humains » de raconter une histoire autobiographique sous l’angle des rapports de domination. Ce dispositif, que nous animons à notre sauce et que nous avons glané au Danemark alors qu’il se diffuse un peu partout aujourd’hui sous l’appellation bibliothèque vivante, se situe typiquement au carrefour de nos pratiques respectives, à mi- chemin entre le travail d’écriture et la mise en bouche d’une histoire, et la conscientisation en terme politique des rapports sociaux.

A Paimboeuf, Marinette et Brigitte, deux participantes, racontaient l’injustice qu’avait vécu leur frère pour l’une, père pour l’autre, en tant que délégué syndical de l’usine Kuhlmann. Cela nous a marqué et nous avons voulu en savoir davantage. Nous avons plongé dans la grande Histoire et nous avons eu à cœur de faire remonter à la surface de cette bourgade aujourd’hui sinistrée, notamment en raison de la fermeture de l’usine qui en faisait sa richesse, la force de la solidarité ouvrière qui ne s’estime pas qu’au nombre de bistrots désormais fermés. Nous avions en tête cette phrase de l’historien américain Howard Zinn : « Tant que les lapins n’auront pas d’historiens, l’histoire sera racontée par les chasseurs ».

Pourquoi vous semble-t-il important de faire partager des histoires de vie ?

La parole, les histoires, les récits, cela créé du commun. Si on ne raconte que des histoires de princes et de princesses qui vivent dans des pays édulcorés, alors on se construit avec ces schémas-là et ça fait
des gros dégâts.

On a eu envie de mettre en valeur une certaine mémoire ouvrière pour qu’elle ne soit pas invisible. Quand on raconte des parcours de gens qui ont vécu ou vivent encore, on apporte à nos imaginaires des horizons qui élargissent véritablement notre rapport au monde. On s’identifie, on se projette, on se questionne sur nos propres trajectoires. On peut se sentir proche des situations traversées. Notre envie, c’est que ces histoires de vie nous renforcent dans nos combats d’aujourd’hui.

Pourquoi venir le présenter au 102 ? Que représente ce lieu pour vous ?

Le 102 ? C’est « the place to be » ! Un lieu, plus ou moins coordonné, plus ou moins bordélique où plein de choses s’inventent en permanence : la définition même de l’éducation populaire à laquelle on se réfère !

Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions.

Rendez-vous le mardi 30 avril à 19h au 102 rue St Jacques à Nantes.

Entrée ouverte à tous et toutes.

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