Projet Crèche du Dehors

Il s’agit d’un projet en cours de construction, issu d’une réflexion au sein d’un groupe recherche-action Petite Enfance des CEMEA. C’est le résultat d’un croisement entre :

  • Une réflexion éducative liée à la petite enfance et au « dehors »
  • Un contexte sanitaire qui rend l’élément du « dehors » d’actualité
  • Un diagnostique de territoire par la CAF 44 et la Ville de Nantes révélant un besoin

Origine du projet

Sur ce dernier point nous n’avons pas fait d’étude de faisabilité et nous sommes appuyé sur la réflexion et les études des deux institutions citées ci-dessus. Au regard des listes d’attente et du contexte de la démographie, la Ville de Nantes estime à 750 le besoin de création de lit dans les accueils collectifs sur le mandat. La baisse actuelle de la natalité (autour de – 15 % dans le contexte covid) aura un impact plus faible sur Nantes (au regard de l’attractivité de la Ville) et n’annulera pas totalement les besoins et manques.

Le groupe Petite Enfance n’a pas été des plus actifs lors du 1er confinement mais aura eu le mérite de faire naître un projet collectif autour du vivre dehors et les jeunes enfants.

Une des motivations pour certaines d’entre nous était de mettre en réflexion et en pensée, une pratique possible d’un accueil de jeunes enfants en extérieur en lien avec les projets ERASMUS vécus aux CEMEA les années précédentes sur le thème du « vivre dehors ». Nos observations et nos rencontres avec des profes-sionnel-les lors de ces mobilités ont été un point de démarrage de ce projet, nous laissant penser qu’il y avait du possible dans notre ville.

La question du confinement a re-questionné certaines d’entre nous sur l’impact de l’environnement sur le développement de l’enfant autant sur les questions éducatives que sur les questions de santé. Le contexte était donc favorable pour lutter contre un virus et s’en protéger.

Un groupe, restreint, composé essentiellement d’intervenantes sur les formations PE, s’est penché sur le projet début juillet 2020 pour partager ses envies de le rendre réel. Nous sommes parties d’un idéal pour aboutir à un démarrage de réflexion plus concret, afin d’ouvrir le groupe à toutes personnes désireuses d’en faire partie.

Depuis le projet a été validé en AG extraordinaire en Février 2021 et validé par la suite sur les principes par la Ville de Nantes, la CAF de Loire Atlantique et la PMI.

Les principes éducatifs et pédagogiques

A l’intérieur tout est pensé pour que l’enfant explore, apprenne, rentre en relation teste ou se confronte à ses connaissances et celles des autres.

Nos pistes de réflexions :
Les aménagements sont pensés pour favoriser l’autonomie, sont adaptés à l’âge des enfants autant à leurs capacités intellectuelles que motrices. Le dedans est pensé et organisé pour l’accueil en fonction des tranches d’âges.
Qu’en est il de l’extérieur ? Du dehors ?
Comment éduquer l’enfant à la découverte de l’environnement, de la nature si l’adulte à déjà tout modifié et créé un espace conforme sans « danger » de telle sorte que l’enfant ne prenne pas de risques et ne se confronte pas à la réalité du dehors ?

Les intentions éducatives et pédagogiques

LES GRANDES LIGNES DU PROJET CRÈCHE EN EXTÉRIEUR :

MAPEE - Multi Accueil Petite Enfance en Extérieur

  • Accueil d’enfants en situation de handicap
  • Accueil d’enfants issus de famille en situation précaire
  • L’enfant acteur de son propre développement en lien avec le milieu naturel et sa relation avec la nature.
  • Construire la durabilité dès la petite enfance (une éducation au développement durable, partager dès le plus jeune âge par des pratiques concrètes de la vie quotidienne).
  • Actions globales de prévention, afin de favoriser la santé physique et mentale des Jeunes Enfants (pour un meilleur développement neuro-physiologique…)
  • Promouvoir la promotion sociale et professionnelle (Embaucher des personnes non diplômées et les accompagner vers la qualification, contrat apprenti, VAE…)
  • Que ce lieu d’accueil soit une espace d’observation d’expérimentation et de formation en lien avec le travail permanent « d’action recherche » des CEMEA

LES IMPACTS ÉDUCATIFS ET SANITAIRES DU DEHORS

1 - LUTTER CONTRE LES MALADIES, VIRUS, ÉPIDÉMIES ET AFFECTIONS COURANTES DU JEUNE ENFANT

Jouer dehors, comme l’indiquent les études « Les impacts éducatifs et sanitaires du dehors » faites à l’université d’Arrhus (Danemark) :

Être en extérieur, vivre dehors prévient :

  • De l’obésité
  • Renforce le système immunitaire
  • Diminue les risques infectieux

Conséquences du vivre dehors :

  • Moins d’agressivité
  • Moins de stress
  • Plus de jeux
  • Plus de mouvements physiques
  • Motricité plus importante et grands mouvements
  • Endurance
  • Meilleure concentration, développement du langage plus rapide et meilleur
  • Meilleure réflexion et plus de découverte
  • Plus de questions plus de choses à apprendre Plus autonomes

2 - FAVORISER LE BIEN ÊTRE GLOBAL DE L’ENFANT, PHYSIQUE ET MENTAL ( SENSATIONS PHYSIOLOGIQUES)

Les possibilités d’expérimentation, et de découvertes de la nature pour le jeune enfant, offre un panel de découvertes sensorielles, matières, éléments, textures, cause à effet…infini.
Toucher l’herbe, les fleurs, la mousse , les arbres, pour les tout petits, c’est découvrir des espaces sensoriels très riches et concrets. Marcher ou faire du 4 pattes sur différents types de sols leur apprend à chercher sans cesse de nouveaux équilibres et leur permet de se découvrir de nouvelles capacités….

3 - DÉVELOPPER LES COMPÉTENCES, INTELLECTUELLES, ÉMOTIONNELLES PHYSIQUES ET SOCIALES.

Connaître son environnement, être en interaction avec l’autre autour d’un élément naturel, celui qui est à l’ais dans les arbres, l’autre non, celui qui a peur des animaux l’autre non…
Le lien entre l’enfant et l’animal, la conscience de l’autre, la plante, l’animal ses limites, comment je fais avec les réactions de l’autre « vivant » comment je m’en accommode. A l’intérieur les interactions sont parfois subies, car restreintes par l’espace.
À l’extérieur les rencontres peuvent être plus choisies, cela répond aussi aux besoins des rythmes individuels de développement et permet aux adultes d’êtres moins interventionnistes…. l’espace donnant aux enfants plus d’autonomie et de sérénité dans leurs liens aux autres…

4 - RÉPONDRE AUX EXIGENCES DE L’OMS, DE LA CID : UN ENVIRONNEMENT SAIN EST LE DROIT DE CHAQUE ENFANT

Tout enfant a le droit de grandir dans un environnement sain, à la maison, à l’école ou dans son quartier. L’action pour préserver ces milieux pourra sauver des millions de vies, diminuer la morbidité et aboutir à un monde plus sain pour l’avenir de nos enfants.

ARTICLE 24
Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation. Ils s’efforcent de garantir qu’aucun enfant ne soit privé du droit d’avoir accès à ces services.

5 - (SE) CONSTRUIRE, DÈS LE PLUS JEUNE ÂGE, UNE CONSCIENCE AUTOUR DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Il est essentiel que nous puissions répondre aux valeurs qui nous correspondent et être dans le profond respect de nos engagements.
De ce fait, le CdD – crèche du dehors sera en lien avec la nature, ce qui signifie qu’elle répondra aux critères de DD. En effet, les aspects écologique, social et économique seront nos préoccupations majeures et nous nous engagerons à ce qu’ils soient durables.

6 - LE MILIEU NATUREL VISE À PERMETTRE LA LIBERTÉ D’AGIR ET DE PENSER,POUR CONSTRUIRE LES FONDATIONS D’UNE VRAIE AUTONOMIE

Dans un espace intérieur souvent trop maîtrisé, artificiel, lisse, à l’intérieur tout est plat, avec des formes géométriques, alors que dans la nature les propositions sont réelles, vraies, logiques, irrégulières et les mécanismes sont identifiables (cela favorise le questionnement, la construction mentale, la réflexion, la compréhension du monde…).
La vie en extérieur, offrant un espace vital plus grand, pas de promiscuité, peu ou pas d’agressivité, une liberté d’actions et de choix plus riche, moins contraints, des interactions entre enfants ou entre enfants et adultes possibles, sans injonctions, fluide, tout ceci amène à plus de concentration, pilier du développement global, à des échanges constructifs possibles.

La CdD va et doit permettre au jeune enfant de s’épanouir et nous nous devons de lui proposer un milieu adapté à ses capacités, un milieu riche en découverte et suscitant de la curiosité. Au dehors, « tout » représente la fondation d’une réelle autonomie : la sensation du vent, des bruits, des odeurs, de la lumière, la quantité de nuances que l’on ne retrouve pas au « dedans » ! Respecter le rythme d’apprentissage des enfants, c’est leur laisser la possibilité d’observer tranquillement l’évolution du monde qui les entoure. Ils peuvent alors forger des savoirs concernant les éléments naturels sur lesquels l’humain n’a pas de maîtrise.

C’est en laissant cette liberté d’agir, que l’on participera à une éducation environnementale respectueuse de la nature dès l’enfance.