📢 Pour un Grenelle de l’animation

L’actualitĂ© du secteur de l’animation est importante et parfois mĂŞme mĂ©diatisĂ©e :

  • Un appel Ă  la grève nationale essentiellement dans le pĂ©riscolaire et les accueils de loisirs – sans que ce soit exclusif
  • DifficultĂ© de recrutement dans le secteur

Les raisons de la situation sont connues et ce depuis des années.

  • Une problĂ©matique de rĂ©munĂ©ration – avec des salaires trop bas en particulier pour la majoritĂ© des animateurs et animatrices qui sont dans le face Ă  face. Aux salaires trop bas, il convient de rajouter les temps partiels subis.
  • Des conditions de travail : on parle souvent des horaires du pĂ©riscolaire avec une amplitude parfois de 12 heures pour 5 heures de travail. Mais ce n’est pas tout et nous constatons parfois certaines problĂ©matiques : mauvaise ambiance avec des relations hiĂ©rarchiques trop directives et autoritaires ; des protocoles sanitaires qui font sans cesse le yoyo avec des impacts sur les modes de relations avec les enfants mais aussi les parents ; des projets Ă©ducatifs et pĂ©dagogiques qui ne tiennent pas et posent la question du sens de l’action et du mĂ©tier ; des manques d’espaces pour dire, pour se dire et Ă©laborer…

Les CEMEA sont solidaires de ce mouvement et inquiets de la situation du secteur et entre autres de la difficulté de recrutement. Les CEMEA pensent qu’il est nécessaire d’avoir une concertation (Grenelle – peu importe le nom) au niveau national car la responsabilité de la situation ne peut pas incomber aux seuls employeurs.

Les CEMEA proposent un vĂ©ritable grenelle au niveau national qui doit permettre :

  • de distinguer l’animation volontaire (qui est engagement volontaire, ponctuel – qui pourrait sortir du cadre du salariat) de l’animation professionnelle (des personnes qui en vivent, qui pratiquent Ă  l’annĂ©e). Les salariĂ©-es de l’animation professionnelle doivent bĂ©nĂ©ficier d’une formation professionnelle ! Au mĂŞme titre que les enseignant-es, infirmier-es, Ă©ducateurs et Ă©ducatrices. Nous devons donc mettre en Ĺ“uvre un plan global autour de la formation professionnelle.
  • de rĂ©duire les prĂ©caritĂ©s par un relèvement des salaires (indices) les plus bas, par une rĂ©duction du temps partiel subi par la fusion du pĂ©riscolaire et de l’accueil de loisirs (vacances). Ce dernier point permet aussi de travailler autour de la continuitĂ© Ă©ducative et d’un accueil de qualitĂ© des enfants et des familles. Ces mesures ont un coĂ»t qui ne peut pas ĂŞtre assumĂ© par les seuls employeurs. Cela concerne donc l’ensemble des collectivitĂ©s et l’État.
  • de sortir de la logique de marchĂ© public qui met en concurrence les organisateurs – employeurs et imposent une prĂ©carisation : pour obtenir le marchĂ© on met les salaires les plus bas possibles (indice 250 de la convention animation - Ă©clat)
  • de donner, renforcer, redonner du sens au projet. Le projet Ă©ducatif et pĂ©dagogique doit viser Ă  construire un Ă©panouissement mais aussi une politique d’émancipation des enfants et des jeunes. Et si nous parlons de citoyennetĂ©, de dĂ©mocratie enfantine… ; il convient aussi de le travailler Ă  l’échelle des Ă©quipes : des projets co-construits en Ă©quipe et qui fĂ©dèrent !

CEMEA Pays de la Loire
LE 14/12/2021