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Migration, migrants : d’une urgence « à la Une » à une urgence de second plan, seul l’affichage diffère

L’actualité immédiate centrée sur les attentats ici et ailleurs, a placé au second plan la venue importante de migrants fuyant la guerre, l’oppression, la misère, la persécution, par la mer et par la terre. Pourtant, aujourd’hui encore, ces femmes, ces enfants, ces hommes à la recherche d’une terre d’accueil interpellent les sociétés européennes et mettent à l’épreuve les valeurs fondatrices de l’Europe. Car faut-il le rappeler, l’Union Européenne n’est pas seulement un marché unique, elle a été construite sur des valeurs.

Lors de sa conférence de presse du 7 septembre 2015, le président de la république a fait valoir que la France participera, à sa mesure, au défi de l’accueil des milliers de réfugiés qui fuient les horreurs d’une guerre marquée par la cruauté et l’obscurantisme.

Les CEMEA, engagés et mobilisés au sein de nombreuses coordinations et plate-forme européennes et internationales (groupe « migrations et droits fondamentaux » au sein de SOLIDAR par exemple), souhaitent que l’Europe ouvre ses portes et accueille dignement ces populations. Au sortir de leur 11ème congrès national, fidèle à leurs valeurs et à leur histoire, les CEMEA mobilisent leurs réseaux pour contribuer, sans discrimination, au vaste mouvement de solidarité que cet engagement national implique.
 
Les CEMEA mobilisent l’ensemble de leurs associations territoriales, l’ensemble de leurs militantes et de leurs militants, leurs permanentes et leurs permanents, pour élaborer et mettre en œuvre les actions qui leur apparaitront les plus adaptées à leurs compétences et savoir-faire pour répondre aux besoins et accompagner l’accueil des réfugiés reçus sur leurs territoires.

Cette mobilisation accrue s’inscrit dans une histoire qui nous conduit encore aujourd’hui à porter des missions de médiations éducatives (pédagogie interculturelle d‘accueil d’enfants et de jeunes primo-arrivants), à prendre en charge des migrants, des enfants nouvellement arrivés dans le cadre d’actions de la formation professionnelle (notamment en direction des mineurs isoéls) ou de l’éducation.

C’est par exemple le cas en Rhône Alpes avec le projet SAMIN (favoriser l’accès des migrants à la formation professionnelle) ; en Pays de la Loire (accompagnement à la scolarité des primo arrivants et projet d’ouverture d’un centre de loisirs interculturel pour enfants réfugiés) ; à Mayotte et en Guyane (intégration des mineurs isolés étrangers et des migrants adultes) ; en région Centre (accueil d’hommes isolés de leur famille). C’est aussi le cas quand la Fédération Internationale des CEMEA (FICEMEA) travaille auprès d’enseignants sur la gestion post traumatique des situations vécues.

Mais les CEMEA peuvent faire mieux, doivent faire plus.

Ils peuvent s’engager, résolument, à accompagner les collectivités, les associations mobilisées aujourd’hui dans l’accueil de migrants. Que ce soit directement par l’implication de militantes et de militants ou en permettant la mise en vie de missions de service civique par le biais de l’intermédiation, ils peuvent accompagner les équipes tant sur la vie collective, la vie quotidienne que sur l’éducation des enfants et des jeunes (alphabétisation, activités culturelles,…).

Ils peuvent soutenir les équipes accueillantes, professionnelles (enseignants, animateurs, éducateurs, travailleurs sociaux,…) et bénévoles, en impulsant la mise en œuvre de formations sur la pédagogie de l’interculturel, sur la connaissance des cultures d’origine, sur l’accueil.

Ils peuvent construire des expérimentations permettant d’accueillir des jeunes migrants dans leurs stages de formation à l’animation volontaire. Les dynamiques collectives à l’œuvre dans ces espaces de formation, l’exercice en situations réelles de responsabilités éducatives auprès d’enfants sont autant de pratiques qui servent les dynamiques d’intégration.

Ils peuvent travailler l’accès de jeunes migrants au sein des écoles de la 2ème chance des Cemea et celles dont ils sont partenaires. Ouvrir les parcours de formation tout en étoffant les propositions de formations interculturelles fait partie des processus que les CEMEA ont à développer.

Ils peuvent accompagner les différentes équipes pluridisciplinaires éducatives, de soins (établissements médico-sociaux, psychiatriques, équipes mobiles psychiatrie précarité …)afin à la fois d’intégrer la dimension interculturelle dans la prise en charge des personnes ; mais aussi accompagner les équipes dans la gestion post-traumatiques de la migration.

Ils peuvent renforcer l’offre de formation au-delà de ce qui est proposé au sein des Ecoles du travail social, renforcer l’offre nationale en Santé Mentale (ex : Clinique et religions AT NPDC ; accompagnement et travail clinique avec les familles du Maghreb et d’Afrique Noire AT NPDC ; Psychopathologie des migrants : Approche transculturelle AT PDLL, NPDC, ERASME…).

Ils peuvent contribuer à élaborer de la pensée sur ces questions pour étayer et irriguer les différents champs d’intervention (Ex : VST n° 120 La migration : Le choc de l’arrivée , Les Mineurs Isolés Etrangers à paraître en 2016)

Enfin, les CEMEA peuvent, eux même, intensifier et développer les missions de volontariat inscrites dans les missions de service civique tournées vers le soutien des acteurs, l’expérimentation directe de création d’espaces d’accueil et de rencontres.

D’une urgence « à la Une » à une urgence de second plan, seul l’affichage diffère. Sur le fond, l’urgence reste ! La mobilisation des CEMEA, à la mesure de leurs capacités, de leurs compétences, est entière. Les perspectives énoncées ci-dessus sont pour partie engagées en lien avec des collectivités, en appui sur des partenaires à l’image de projets qui lient les CEMEA et les PEP dans certains territoires. Mais d’autres contacts établis aujourd’hui augurent de nouvelles perspectives comme avec France Terre d’Asile par exemple.

Les CEMEA

Retrouvez cette prise de position sur le site national des CEMEA : http://www.cemea.asso.fr/spip.php?a...

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