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Grève du périscolaire à Nantes : propositions des CEMEA

À Nantes, depuis quelques mois le périscolaire est perturbé par plusieurs mouvements de grève. Les propos qui suivent ne visent pas la Fédération Léo Lagrange. Ils et elles ont fait le choix de vouloir gérer une structure en état dans un contexte connu. Le propos ne vise pas non plus la Ville précisément ; en partie car cela concerne finalement quasiment l’ensemble des villes et communes de France. Ce qui se passe à Nantes est loin d’être une situation isolée !

Effectivement les animateurs et animatrices périscolaire sont ultra - précaires (peu d’heures, des écarts horaires importants dans la journée, une faible reconnaissance parfois des employeurs, mais aussi trop souvent des enseignant-es…) Le périscolaire connaît à la fois une difficulté de recrutement (trop d’annonces sans réponse) et un turnover très important. A Nantes il se situe autour de 50 % tous les ans.

Or nous nous devons donc d’être sincères : la solution existe, nous la connaissons. Elle est assez simple et logique et nous l’avons dores et déjà communiqué à plusieurs reprises :

  • Il convient sur un même territoire, un même quartier, une même commune (pour des cohérences pédagogiques et éducatives) que ce soit les mêmes animateurs/trices sur le champs du périscolaire et du loisirs (vacances scolaires, mercredi..) Le première objectif est d’ordre pédagogique et éducatif : favoriser référence et la continuité éducative. Elle a un impact tant pour les enfants que pour l’ensemble des acteurs éducatifs (école, associations…)
  • Mais cette mesure a aussi des impacts importants sur le temps de travail. L’objectif est d’augmenter le temps de travail et ne pas être en dessous de 0,8 ETP subi. L’augmentation du temps de travail ne peut qu’être bénéfique avec un impact immédiat sur la réduction du turnover et une augmentation de la motivation.
  • Il convient aussi, comme tout professionnel - quelque soit le métier (comme pour l’hôpital, petite enfance, social, éducation) que les professionnel-les aient une formation professionnelle (BPJEPS ou CQP/CPJEPS)
    Ce sont pour nous, les deux premières conditions nécessaires pour permettre de travailler la qualité éducative, pour faire en sorte que l’accueil périscolaire ne soit pas qu’un simple mode de garde.

Ces propositions nous les avons faites à plusieurs reprises. Et sur Nantes nous les estimons à 3 millions d’euros. C’est le prix d’une qualité éducative ! Et il convient de dépasser les engagements de principes (Accoord, Nape, Léo...) que l’on entend depuis plus de 15 ans : "Nous allons travailler à mutualiser nos postes et travailler sur la formation..." Il faut passer aux actes concrets. Et les professionnel-les des deux associations ne peuvent plus se contenter de discours attendus et entendus depuis des années.

A ces deux propositions nécessaires et incontournables, nous pouvons bien évidemment aller plus loin. Pour fédérer des professionnel-les il convient aussi de développer un projet de qualité. Par qualité nous ne faisons pas référence à la démarche qualité qui se centre sur les processus et outils de contrôles. Ils sont certes parfois nécessaire. Par qualité nous entendons un projet qui mette au centre l’enfant :

  • Des activités voulues et choisies par l’enfant. Des activités qui permettent malgré des accueils et départs individualisés de se lancer dans différents types de projets selon les âges.
  • Un accueil qui prenne en compte les différences d’âges et donc des besoins, des potentiels et des capacités. Aujourd’hui la baisse de fréquentation des 10 – 12 ans sur les centres de loisirs et accueils périscolaires démontrent entre autres l’incapacité des centres à prendre en compte les besoins et capacités. Nous ne pouvons pas prendre en charge, accueillir un 11 ans comme un 3 ou 6 ans. Nous ne pouvons pas avoir les mêmes règles, les mêmes autonomies, les mêmes activités.
  • Comme disait Freinet « On ne peut pas être démocrate dans le rue et dictateur dans la classe » Il en est de même sur les centres de loisirs et les accueils périscolaires. On se doit donc d’instaurer des espaces de paroles, des temps de réunions pour dire, penser, décider. Il faut être à l’écoute, entendre, proposer… et ainsi favoriser la participer, apprendre l’exercice de la démocratie.

Mais pour mettre en place une telle politique éducative il convient avant tout dans un premier temps de sortir de la précarité actuelle. Et si ce sujet s’invitait entre autres sur les prochaines municipales en demandant des engagements fermes ?

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