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Élections municipales :
retour de rencontres de différentes listes de Allonnes, Angers, Nantes, Rezé, St Nazaire...

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Avant de faire un retour sur ces quelques rencontres (avec des listes de gauche en dehors de Monsieur Béchu sur Angers), il convient peut-être de regretter le manque d’initiatives collectives au niveau du champ associatif, des associations de jeunesse et d’éducation populaire ou des associations complémentaires de l’école publique.
Lors de nos rencontres, quelques listes ont reçu, surtout en Sarthe, des courriers d’interpellations du CAC (Collectif des Associations Citoyennes) sur la menace autour de la vie associative (financement et relations avec les collectivités). On pourra entre autres lire la réponse intéressante de la Mairie d’Allonnes : www.agirpourallonnes.fr

Mais globalement sur la Région Pays de la Loire la CPCA, le CRAJEP ou le CAPE ont été silencieux sur ces élections. Nous sommes membre de ces collectifs mais nous pouvons malgré tout le regretter. Cela pourrait traduire un manque de volonté de faire collectif avec une crainte que le collectif prenne le dessus sur l’action de chaque association. Il nous semble pour autant que c’est exactement l’inverse qui s’est passé avec la parole des associations de jeunesse et d’éducation populaire peu lisible dans des débats qui pour autant nous concernent.

Relations associations et collectivités

La nature de la relation entre les associations et les collectivités a fait partie des premiers points abordés sur tous les échanges. On peut effectivement constater et regretter la nature de nos relations : trop ponctuelles, dans une consultation au coup par coup sans réelles continuités... Ce constat est représentatif de notre réalité régionale. Et pour autant le besoin de dépasser cette situation faisait globalement consensus (à part avec Monsieur Béchu)

Effectivement les associations de jeunesse et d’éducation populaire doivent être reconnues comme partenaires indispensables des collectivités territoriales. Elles constituent un élément essentiel d’efficacité des politiques publiques. Elles prolongent et renforcent les missions de service public, en y apportant une plus-value. De part ou du fait de leur autonomie, leur engagement militant et de leur ancrage sur un territoire, elles développent une capacité d’initiatives et d’innovations sociales... Elle nécessitent donc des liens plus serrés et des financements réguliers avec des conventions pluriannuelles...

Il nous semble aussi que les collectivités et les associations doivent aussi agir ensemble pour permettre une politique transparente, construire ainsi les critères et les conditions d’attribution des subvention et ainsi ne pas tomber dans certaine forme de clientélisme.

Il est aussi nécessaire d’aller plus loin dans le travail de concertation et régulier entre nos associations et les collectivités afin d’agir ensemble pour :

  • Permettre de réfléchir et d’analyser ensemble les politiques jeunesses et éducatives des collectivités. L’enjeu autour de la réussite éducative et de la mise en place de la réforme des rythmes éducatifs a souvent été abordé.
  • Créer les conditions de la concertation pour favoriser l’émergence et le développement d’innovations sociales, éducatives et pédagogiques.

Sur cette question de l’innovation sociale, éducative et pédagogique, nous avons pu aborder plusieurs exemples :

  • Le lancement d’un terrain d’aventure sur Nantes avec Myriam Naël (liste Johanna Rolland), dans le cadre de la réforme des rythmes éducatifs
  • L’expérimentation autour d’accueil « atypique » sur la petite enfance en travaillant la question du rythme de jeune enfant avec un accueil conjoint domicile et collectif avec la liste de Rezé (Pierre Quénéa et Gérard Allard) ou avec la liste de Nantes (Myriam Naël et Johanna Rolland)

Les exemples et les possibles sont multiples et la nature de nos relations est une condition nécessaire à la réussite de ces politiques d’innovations.

Lors de ces rencontres nous avons pu aborder de multiples points. Nous reviendrons sur les quelques points qui reviennent régulièrement...

Un cadre financier complexe et contraint

S’il y a un point d’accord c’est bien celui-là quels que soient les partis politiques. En tant qu’association nous ne pouvons nier cette problématique et cette réalité. Néanmoins nous avons pu rappeler quelques éléments :

  • La politique c’est faire des choix et poser des orientations. Et cela ne se traduit pas seulement dans les montants financiers bruts mais aussi dans les pourcentages. Autrement dit, lorsqu’il faut réduire des budgets il convient de mesurer où l’on porte ses choix de réduction, de stabilité et d’augmentation.
  • Avec cette situation financière difficile, il nous semble compliqué pour autant à la fois d’augmenter de manière conséquente les moyens des services (recrutements de nouveaux fonctionnaires...) et réduire les moyens des associations (qui à leur tour devront licencier...) C’est la situation que nous vivons sur notre région (et pas seulement sur les municipalités) et c’est bien d’une réaction collective dont nous avons besoin pour inverser cette tendance.

Concertation jeunesse

Gérard Allard (Rezé) annonce que ce serait sa première décision. D’autres listes (St Nazaire, Allonnes...) annoncent vouloir lancer de telles actions. En échangeant on s’aperçoit très rapidement qu’il y a un réel besoin d’accompagnement des collectivités sur la mise en œuvre d’une telle concertation.
Les risques d’échecs sont effectivement importants :

  • de n’être que dans une forme de consultation : on vous a écouté-es et puis après...
  • de créer un conseil municipal de jeunes qui ne représente que lui-même et de plus avec une sociologie des conseiller-es classiques (classes moyenne ou aisée, enfants de militant-es...)

Pour organiser une réelle politique de concertation il convient donc dans un premier temps d’être clair sur les objets de la concertation et sur quoi la concertation pourra agir. Mais il convient aussi de réfléchir sur les modalités de la mise en œuvre : la durée de la concertation (quand on a 18 ans, peut-on s’engager pendant 6 ans dans un conseil municipal de jeunes ?), sur les lieux de la concertation (sur des lieux de vie comme des lycées, missions locales... afin de rencontrer des jeunes de tous milieux)...
Une politique de concertation cela ne s’invente pas, mais se réfléchit. Ci-joint d’ailleurs un lien avec la concertation jeunesse que nous avons mené avec les Francas et la ville de St Nazaire : http://www.cemea-pdll.org/Concertat...

Réussite éducative, réforme des ryhtmes et PEDT

Pour les CEMEA ces rencontres ont entre autres été l’occasion de rappeler quelques éléments fondamentaux :

  • La collectivité a une place importante dans la mise en œuvre d’une politique qui favorise la réussite éducative
  • La collectivité doit favoriser la co-éducation et l’association de l’ensemble des acteurs de la communauté éducative (et pas seulement dans la mise en œuvre, les actions concrètes ; mais aussi sur l’élaboration, l’évaluation continue...)

Il y a UNE éducation, qui doit être globale et cohérente, avec tous les acteurs et actrices de la cité.

Éducation au monde et à l’interculturel La place des citoyen-nes et des jeunes dans la coopération décentralisée

Les collectivités et listes basculent entre deux politiques :

  • l’international comme outil économique et ainsi la ville doit donc être attractive. Il existe des délégations à l’attractivité au niveau de certains conseils municipaux.
  • l’international comme ambition de solidarité et d’éducation interculturelle.

Sans vouloir nier le besoin pour une collectivité de travailler autour du 1er axe, il nous semble fondamental de mettre en œuvre le 2ème. Cette vision fondamentale est partagée par plusieurs listes.

Nous avons pu échanger de cet enjeu entre autres avec Rezé (avec Dominique Poirout – liste Gérard Allard) notamment autour de la coopération en Palestine (Abu Dis). Nous avons pu effectivement aborder l’enjeu d’associer les habitant-es à cette coopération. Il semble d’autant plus fondamental au regard de l’impact du conflit dans notre société. Il convient de lutter contre la confusion voulue par certains entre antisémitisme, anti-sionisme et critique de l’action du gouvernement israélien. Agir pour la Palestine peut représenter parfois une crainte de développer des formes d’antisémitisme. Il n’en est rien et c’est même l’inverse qui est en œuvre : ne pas agir, faire tabou de ce sujet ne peut que développer des sentiments d’injustice, de rejet et d’antisémitisme...

Nous avons pu échanger aussi avec la liste de Pascale Chiron (Nantes) avec un programme d’action qui a de l’intérêt autour de la construction d’un dialogue et de concertation avec les acteurs de la solidarité internationale (Organiser dès le début du mandat les « Assises de la coopération internationale » pour renforcer le dialogue et la concertation entre les différents acteurs locaux de ce secteur : acteurs publics, associatifs, privés, citoyens… ; Renforcer le soutien aux porteurs de projets dans le montage de projets et la recherche de financements complémentaires, notamment européens) et dans l’association des habitant-es et des jeunes à cette ouverture sur le monde (Soutenir les initiatives interculturelles et solidaires des jeunes, Développer les dispositifs en direction des jeunes - service civique, service volontaire européen, service volontaire à l’international, etc.- ; soutenir le fonctionnement de la plate-forme interculturelle et solidaire)

Et après

Les candidat-es annoncent des mesures, affirment des postures, des fonctionnements à venir... Certaines rencontres ont été très intéressantes. Il conviendra au lendemain des élections de travailler pour que ces rencontres se traduisent en mesures et actions concrètes.

Régis Balry – pour les CEMEA Pays de la Loire

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