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Élections Municipales : Réussite éducative – Jeunesses – Politique de la Ville – Vie associative – International et mobilités – Culture...

Des enjeux essentiels

Pour les CEMEA, mouvement d’éducation populaire et d’éducation nouvelle, il nous semble important d’intervenir dans le débat des élections municipales. Intervenir à la fois pour contribuer au débat sur des enjeux fondamentaux (éducation territoriale, jeunesses, culture, politique de la ville...) mais aussi pour avancer des propositions concrètes. Effectivement les mouvements d’éducation ont un rôle à jouer dans la vie d’une municipalité tant au niveau de la construction, co-construction de politiques publiques municipales, qu’au niveau de la mise en œuvre des politiques éducatives, jeunesses, culturelles...

La place des associations et la relation avec les villes, les communes

Les associations de jeunesse et d’éducation populaire doivent être reconnues comme partenaires indispensables des collectivités territoriales. Elles constituent un élément essentiel d’efficacité des politiques publiques : elles prolongent et renforcent les missions de service public, en y apportant une plus value. De par ou du fait de son autonomie, son engagement militant et de son ancrage sur un territoire,elle développe une capacité, d’initiatives et d’innovations sociales...

Les associations permettent aussi l’expression libre de chacun et la réalisation de projets. Elles font émerger des problématiques et proposent des pistes d’actions concrètes qui nourrissent la réflexion et l’action politique.

Le rôle des associations reste donc essentiel dans le débat démocratique : elles sont, « une forme collective de changement et de transformation sociale à travers l’investissement des citoyens 

La reconnaissance de ces acteurs (militants, professionnels œuvrant sur les champs de l’Education, de la jeunesse, du vivre-ensemble, de la citoyenneté) constitue un acte politique fort de valorisation d’un secteur d’activité non marchand et solidaire.
Dans un souci de pérennité des actions partenariales qui nous lient aux collectivités, il est nécessaire de poser la question du mode de contractualisation entre collectivités et associations d’éducation populaire/jeunesse, reconnues comme complémentaires de l’école publique : à politiques et actions pérennes, financement pérennes, préférant les conventions pluriannuelles aux logiques de marchés ou d’appel à projets.

En cohérence avec cette logique de partenariat réel, inscrit dans le temps, à l’opposé des logiques de prestations, nous proposons la constitution dans chaque ville, commune, d’une instance d’accompagnement et de conseil pour la mise en œuvre et l’expérimentation de démarches de travail qui soutiennent l’agir, les initiatives à faire naître et les transformations nécessaires. Un tel espace de concertation, de co-construction, de travail dans un contexte mouvant et de crise offre une occasion de construire, puis traduire dans une cohérence d’actes soutenus par la réflexion, l’action-recherche...

Réussite éducative et collectivités

Au moment où l’école vit une mutation à travers notamment la réforme des rythmes éducatifs, il nous semble nécessaire de réaffirmer qu’il n’y a pas une éducation portée par l’école, une éducation portée par la ville, une autre portée par la famille... : il y a UNE éducation, qui doit être globale et cohérente, avec tous les acteurs de la cité.
L’apprentissage des valeurs citoyennes, laïques et du vivre ensemble est un impératif qui demande une révolution culturelle, la mise en cohérence de tous les temps et lieux éducatifs, et la participation des acteurs de la cité qu’ils soient élus, professionnels de tous secteurs, habitants…
Ces enjeux doivent être portés par une politique globale d’éducation que ce soit sous la forme d’un PEDT ou d’un PEL. Ces projets sont de véritables appuis pour les villes afin d’engager cette réflexion globale, et contribuer à faire de ces territoires des espaces apprenants garantissant le droit à l’éducation pour tous, sous toutes ses formes (éducation formelle, non-formelle).

L’association les CEMEA réaffirme donc que la réussite éducative est un enjeu politique majeur. Les municipalités doivent donc s’appuie sur :

  • la mobilisation des ressources locales,
  • l’articulation de tous les lieux d’éducation et acteurs,
  • la valorisation de la co-éducation et de la coopération de l’ensemble des habitants qui forment cette communauté éducative.

Jeunesses et collectivités

Nos villes, communes et agglomérations sont les premiers territoires impactés par les processus de retraits et de replis sur les quartiers et les territoires isolés, et par les difficultés d’accès des jeunes à l’emploi. Penser la ville, la commune comme point d’appui pour des dynamiques de changement à l’adolescence et à l’entrée dans la vie d’adulte est un pari ambitieux et nécessaire, une solidarité intergénérationnelle en action.
Penser les villes, les agglomérations, les communes comme de réels territoires supports d’identification, cela suppose que les jeunes puissent aussi y exister de façon lisible et que leurs modes de vie, en particulier leurs rapports au temps, soient pris en compte.
Penser la politique jeunesse dans une approche globale et transversale à l’échelle de la ville (mobilité, dimensions économiques pour vivre la ville, possibilité de logement autonome…) constitue un grand nombre d’enjeux à investir.
Ces approches transversales et globales essentielles de la politique jeunesse bousculent et supposent des coopérations multiples en particulier avec des secteurs d’activités comme l’habitat, l’urbanisme, les transports, souvent éloignés des domaines liés directement à la jeunesse.

Les CEMEA agissant dans une perspective de transformation sociale, sont prêts à construire et accompagner des processus d’évolution des pratiques locales qui soutiennent les jeunes dans leurs aspirations à exister socialement, à être reconnus et à devenir autonomes. La place des CEMEA et des mouvements d’éducation peut se traduire autour de plusieurs axes d’intervention : concertation de jeunes, création d’espaces d’accompagnement de projets et d’initiatives de jeunes, formation des intervenants jeunesses, construction de politiques publiques permettant d’aller vers plus d’autonomie avec les politiques d’accompagnement nécessaires (logement...)

Politiques de la Ville – empowerment et ghettoïsation

Les habitant-es des villes et quartiers populaires n’en peuvent plus d’attendre des différents gouvernements une réponse à la hauteur de la situation économique et sociale inacceptable qui est la leur, et qui se traduit par une crise démocratique toujours plus profonde. Alors qu’elle peut être source d’intérêt et porteuse de sens, la politique de la Ville a été trop souvent mise en œuvre pour tenter de répondre à l’urgence d’une crise sociale territorialisée et renforcée par une forme de ghettoïsation, sans en avoir les moyens. La politique de la Ville n’est pas la réponse à une situation de crise économique internationale. Il nous semble pour autant fondamental de maintenir une politique de la Ville ambitieuse, porteuse d’émancipation.. La politique de la Ville doit s’inscrire dans les différentes politiques participatives, d’empowerment et ainsi permettre aux habitants et habitantes d’agir et de s’organiser collectivement autour de leur vie quotidienne. Favoriser cette politique nécessite d’être vigilant sur le risque de l’illusion démocratique et donc de définir en amont les contours des possibles.

La politique de la Ville doit permettre aussi de réfléchir sur les raisons et les impacts de formes de ghettoïsation. Il en va de la politique d’urbanisme d’une ville qui se construit sur plusieurs décennies. En attendant il convient aussi de répondre aux conséquences de la constitution de ces ghettos : la sécurité est un enjeu essentiel qui ne peut pas se régler que par des aspects sécuritaires, avec les risques évidents de dérives de toutes sortes, dont racistes ! Il convient donc dans le cadre de la politique de la ville de développer des actions favorisant la vie sociale de nos quartiers.
Par rapport au développement de forme de racismes ou de replis sur soi ; il est nécessaire de réfléchir sur nos identités dans une logique interculturelle, de vivre-ensemble. Par « interculturel » on entend une démarche idéologique (curiosité, altérité), politique qui valorise le contexte social dans sa diversité, qui peut et doit constituer une richesse tant en terme de développement collectif qu’individuel.

International – coopération – citoyenneté et mobilités

Les villes, communes ont souvent des politiques de coopération et de jumelage en Europe et dans le Monde.
Pour les CEMEA, la coopération internationale ne peut se construire uniquement sur les échanges économiques, ne peut être que l’œuvre d’experts, d’entreprises, ONG... Un mouvement d’éducation, comme le nôtre, peut avoir un rôle important (accompagnement, organisation...) en complément de l’action des services.
Les habitants d’ici et de là-bas (et en particulier les jeunes) doivent donc être associés. Il est nécessaire de développer des programmes d’échanges de jeunes (volontariat, échanges de jeunes, échanges de stagiaires, d’étudiants...) qui doivent permettre à la fois de renforcer les différentes coopérations et de contribuer à leur mise en œuvre de. Ces mobilités doivent avoir un impact individuel (tant au niveau du sens que des compétences développées) mais aussi un impact sur les territoires concernés.

Au niveau des coopérations, les dimensions jeunesse et éducatives (éducation formelle et non formelle) peuvent représenter des enjeux majeurs. Effectivement dans certains pays, la jeunesse représente une grande partie de la population (50% des moins de 18 ans dans les pays du Moyen-Orient par exemple). L’éducation de la jeunesse, la construction d’une citoyenneté, d’esprits libres et critiques y est un enjeu fondamental dans la perspective de construction démocratique et de paix dans le monde. La coopération décentralisée peut donc s’inscrire dans le renfort et la structuration des associations et mouvements de jeunes et de jeunesse, dans la structuration de la formation des acteurs de la jeunesse (en lien avec les acteurs et les ministères de référence) et dans l’aide aux différents espaces éducatifs...

Culture et collectivités

La culture est un besoin permanent de l’être humain, tout au long de sa vie, qui participe de sa construction, et révèle à chacun progressivement ses potentialités, ses capacités, et l’aide à trouver une place dans un environnement social.
Les villes, les communes ont toutes une politique culturelle qui se construit autour de plusieurs axes (offres, pratiques, éducation...) Il existe un enjeu majeur autour de l’articulation entre ces axes. Proposer une offre culturelle sans réfléchir à son accessibilité serait une erreur.
Or nous savons que la problématique ne se situe pas seulement sur la question tarifaire. Se cultiver, enrichir et s’enrichir d’un patrimoine culturel divers et protéiforme est un droit qui nécessite des apprentissages et une accessibilité pour tous les citoyens aux biens et aux espaces culturels ou artistiques. Nous revendiquons la nécessité d’une éducation artistique et culturelle, qui ne vise pas à « consommer », plus ou mieux de « produits culturels » mais plutôt à permettre d’acquérir des clés de compréhension et des leviers pour agir sur son environnement. Ainsi nous affirmons que nous ne nous inscrivons pas dans la seule culture « dominante » et souhaitons développer une conception éducative et sociale de ce qu’on nomme culture, respectueuse des origines de chacun, des histoires individuelles et collectives, qui cherche à rendre possible l’acquisition de savoirs nouveaux et la recherche d’un savoir vivre ensemble.
Une politique culturelle municipale doit donc se construire avec une politique d’éducation artistique et une politique d’accompagnement des spectateurs et spectatrices (et plus particulièrement les plus éloignés des pratiques culturelles).

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